Plongez dans l'univers glaçant de Corpse Party, ce jeu vidéo qui a su marquer les esprits et redéfinir les codes du RPG horrifique. Depuis ses débuts modestes sur PC-9801 jusqu'à ses adaptations modernes, cette franchise a traversé les époques, laissant derrière elle une légion de fans et une aura de terreur intacte. Mais qu'est-ce qui rend Corpse Party si spécial ? Comment un projet né d'un concours a-t-il pu devenir une véritable référence dans le domaine du jeu vidéo d'horreur ? Préparez-vous à remonter le temps et à explorer les méandres d'une école maudite où le surnaturel côtoie la survie la plus désespérée. Ce test de Corpse Party va tenter de percer les secrets de cette œuvre culte.
Sommaire
L’essence du RPG horrifique : comprendre Corpse Party
Pour saisir toute la portée de Corpse Party, il faut d'abord comprendre ce qu'est un RPG, un "jeu de rôle". À la base, c'est une expérience où l'on incarne un personnage fictif, suivant une histoire où nos choix déterminent la suite. Ça a commencé avec des jeux de société où un maître de jeu racontait des récits, les joueurs y répondant en agissant selon leur rôle. Avec l'avènement de la technologie, ce concept s'est transposé sur nos écrans. Les RPGs, loin d'être cantonnés aux mondes médiévaux fantastiques, ont su explorer tous les genres, y compris l'horreur. Imaginez un livre dont vous êtes le héros, mais avec des graphismes et une interactivité qui vous plongent encore plus profondément dans l'aventure. C'est cette fusion qui a ouvert la voie à des expériences comme Corpse Party.
L'idée d'explorer des récits sombres dans un jeu de rôle a particulièrement bien pris. Les développeurs ont vite compris que la peur pouvait être une émotion aussi captivante que l'excitation de la découverte. Les jeux comme Clock Tower, malgré leur esthétique en 2D, parvenaient à instiller une peur viscérale grâce à une atmosphère oppressante et des scénarios glaçants. C'est ce type d'approche, visant l'immersion émotionnelle plutôt que la simple prouesse technique, qui a posé les bases de ce que nous appelons aujourd'hui le survival horror. Les années 80 et 90 ont vu naître des piliers du genre, des jeux qui ont su exploiter le médium pour créer des expériences inoubliables. L'héritage de ces premières œuvres est immense, ouvrant la porte à une créativité sans limite.
Puis, l'outil miracle est arrivé pour les développeurs indépendants : RPG Maker. Avant, créer un jeu vidéo demandait des compétences très pointues et des moyens considérables. Mais avec l'arrivée de ces logiciels, tout a changé. Des personnes avec peu de connaissances techniques pouvaient enfin donner vie à leurs idées. C'est dans cet environnement fertile que des projets ambitieux, comme Corpse Party, ont pu voir le jour. La démocratisation des outils de développement a marqué une véritable révolution, permettant à une nouvelle génération de créateurs de proposer des expériences uniques et souvent très personnelles. Le potentiel était immense, et les jeux qui en ont découlé ont prouvé que la créativité n'avait pas de limites. Ces outils ont permis une véritable explosion de jeux indépendants, offrant une diversité incroyable.
L’émergence des créateurs indépendants et les prémices de l’horreur vidéoludique
Les années 80 et 90 ont été une période charnière pour les jeux d'horreur. L'avènement de la 3D a ouvert de nouvelles perspectives, donnant naissance à des titres emblématiques comme Resident Evil, Silent Hill et Alone in the Dark. Ces jeux ont repoussé les limites du possible, créant des mondes terrifiants et des expériences immersives qui ont défini le genre pour les années à venir. Mais là où beaucoup ont misé sur la technologie 3D, d'autres ont prouvé que la peur pouvait naître de la simplicité. Des jeux comme Clock Tower, sorti en 1995, ont montré qu'avec une atmosphère bien travaillée et un scénario glaçant, il était possible de terrifier les joueurs même avec des graphismes en 2D. Ces expériences, bien que plus limitées techniquement, parvenaient à créer une sensation de vulnérabilité accrue, renforçant l'impact émotionnel.
C'est dans ce contexte qu'un jeu comme "Sweet Home" a vu le jour en 1989. Souvent cité comme l'ancêtre des jeux d'horreur modernes, il a largement inspiré des titres majeurs tels que Resident Evil, qui devait à l'origine en être un remake. "Sweet Home" a prouvé qu'il était possible de créer une expérience d'horreur captivante en mêlant exploration, résolution d'énigmes et une ambiance sonore angoissante. Son influence s'est étendue bien au-delà des productions à gros budget, touchant également le monde des développeurs indépendants qui cherchaient à expérimenter et à innover. L'importance de ces jeux fondateurs ne peut être sous-estimée, car ils ont jeté les bases de ce que le genre allait devenir.
Le développement indépendant de jeux vidéo a véritablement pris son envol avec l'arrivée d'outils de création plus accessibles. Au début des années 90, "RPG Tkool Dante 98", développé par ASCII, a marqué un tournant. Ce logiciel, qui deviendra plus tard mondialement connu sous le nom de "RPG Maker", a ouvert les portes de la création de jeux vidéo à un public plus large. Il permettait à des personnes sans expertise en programmation de concevoir leurs propres RPGs. Utilisé sur le NEC PC-9801, un ordinateur populaire à l'époque, cet outil a donné naissance à de nombreux titres indépendants, dont le célèbre "Touhou Project". L'accessibilité de ces outils a engendré une véritable effervescence créative, permettant à des visions uniques de prendre forme et de rencontrer leur public. On peut dire que c'est cette démocratisation qui a permis à des perles comme Corpse Party de voir le jour.
L’innovation de Corpse Party : quand le RPG rencontre l’horreur
Le 17 décembre 1992, un concours organisé par ASCII Corporation visait à dénicher le meilleur RPG indépendant. L'objectif était de soutenir de jeunes développeurs talentueux. C'est dans ce cadre que Makoto Kedouin a créé "CORPSE-PARTY" sur le logiciel RPG Tkool Dante 98, destiné au NEC PC-9801. Mais ce qui rendait ce jeu si particulier, c'était son approche radicalement différente des RPGs traditionnels de l'époque. Oubliez les combats contre des monstres, l'amélioration de statistiques ou les montées de niveau. "CORPSE-PARTY" misait avant tout sur une expérience narrative et une atmosphère oppressante, une approche novatrice pour l'époque. Ce jeu a osé sortir des sentiers battus.
Développé dans la hâte, le jeu conservait certains éléments de l'interface RPG classique, comme le menu de "Magie". Ces vestiges semblaient étranges étant donné le gameplay qui n'en faisait pas usage avant le boss final. Makoto Kedouin a utilisé ces éléments pour rassurer les joueurs habitués aux RPGs, qui auraient pu être déroutés par l'orientation narrative très prononcée. L'idée était de créer une passerelle entre les attentes des joueurs de RPGs et la nouvelle expérience offerte. Cette ingéniosité dans la conception a permis de rendre le jeu accessible tout en proposant quelque chose de totalement nouveau. Il fallait bien justifier cette interface, même si elle semblait déplacée.
Pour ce qui est des aspects visuels, comme les sprites de dialogue, Makoto Kedouin a dû faire preuve d'une grande ingéniosité. Contrairement aux versions modernes de RPG Maker, RPG Tkool Dante 98 ne disposait pas de fonctions intégrées pour ces détails. Il a fallu trouver des solutions créatives pour donner vie aux personnages et aux situations. C'est cette créativité brute, cette nécessité de trouver des solutions face aux limitations techniques, qui a souvent donné naissance à des expériences aussi uniques. Le résultat était une esthétique qui, malgré ses contraintes, parvenait à être incroyablement évocatrice et marquante. L'artisanat numérique à son meilleur, on pourrait dire.
Le jeu se concentre sur un groupe de cinq protagonistes, une limitation dictée par les capacités du NEC PC-9801, qui ne permettait pas d'afficher un grand nombre de sprites à l'écran simultanément. Cette contrainte a forcé une concentration sur un noyau de personnages bien développés, permettant ainsi d'approfondir leurs relations et leurs réactions face à l'horreur. Le scénario de Corpse Party, centré sur ces personnages, est le cœur de l'expérience, tissant une toile de peur et de désespoir autour de leurs destins. Le manque de visuels complexes a forcé le joueur à se fier à son imagination, amplifiant ainsi la peur.
L’histoire glaçante de Corpse Party : une descente aux enfers
L'histoire de Corpse Party débute par une nuit d'orage. Ayumi Shinozaki, déléguée de classe passionnée par l'occulte, se retrouve dans la salle 2-9 du lycée Kisaragi Academy. Elle s'apprête à raconter une légende urbaine à ses amis. Pendant qu'elle narre son histoire, une voix étrange, qui ne semble pas être la sienne, interrompt le récit. Naomi rallume la lumière, mais rien de suspect ne se produit. Le groupe réalise alors qu'ils sont dans la salle de classe qu'ils devaient préparer pour le festival culturel. Juste au moment où ils s'y mettent, une coupure de courant survient. Des bruits étranges retentissent à la porte, créant une tension palpable.
Satoshi, malgré sa peur, est désigné pour ouvrir. À la surprise générale, il s'agit de Yuka, sa petite sœur, venue lui apporter son parapluie. La lumière revient, mais l'étrange événement laisse des traces. Alors que le groupe s'active pour finir les préparatifs, une nouvelle coupure de courant plonge la salle dans l'obscurité. Des sons proviennent de la salle de musique. Sur le point de s'y rendre, le sol s'effondre sous leurs pieds. Ils se réveillent dans un lieu qui n'a rien de familier : une école délabrée, figée dans le temps en 1975. C'est le début d'une plongée infernale dans le passé, où chaque pièce révèle des horreurs inimaginables. Le décor est planté pour une aventure de survie.
Piégés dans cette école maudite, ils découvrent d'innombrables cadavres d'étudiants qui ont jadis tenté d'accomplir le rituel "Sachiko Ever After". Leur seule chance de s'échapper et de survivre réside dans l'apaisement de Sachiko, la mystérieuse fille en robe rouge, responsable de cette malédiction. La mission du joueur est de maintenir tous les membres du groupe en vie pour obtenir la meilleure fin possible. Tenjin Elementary recèle des secrets sombres, et leur découverte est la clé de la liberté. Chaque décision compte, chaque pas peut mener à la découverte d'un nouvel indice ou à une rencontre mortelle. C'est une expérience de pure survie et d'aventure horrifique.
L’évolution de Corpse Party : des remakes aux fan games canoniques
En 2011, une version révisée de Corpse Party, nommée "CORPSE-PARTY -Rebuilt-", voit le jour sur PC, utilisant le moteur RPG Maker XP. Bien que le scénario reste identique à l'original, le jeu bénéficie d'améliorations visuelles notables. Cette version PC, purement une adaptation par des fans, a paradoxalement connu un succès plus important que l'original, principalement grâce à sa facilité d'accès pour un public plus large. Des traductions supplémentaires ont également vu le jour, notamment une traduction française réalisée en 2020 par le Youtubeur Aquasyris, qui a grandement contribué à faire connaître la franchise en Occident, là où le jeu n'avait initialement pas de traduction officielle. Le support de la communauté a été déterminant.
Parallèlement, le monde des fan games a joué un rôle non négligeable dans la vie de la franchise Corpse Party. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, la plupart de ces créations ne se concentrent pas sur les opus les plus populaires, mais plutôt sur le jeu original, "CORPSE-PARTY", considéré comme la version la plus appréciée au sein de la communauté RPG Maker. Ces fan games, parfois intégrés au canon officiel, témoignent de l'attachement profond des joueurs à l'univers et aux personnages. "CORPSE-PARTY ZERO", par exemple, sorti en 2007, s'inspire d'une histoire secondaire du jeu d'origine et fut plus tard officiellement intégré à l'univers de Corpse Party, ses personnages recevant même des clins d'œil dans les jeux officiels suivants. Ces créations sont la preuve vivante de l'impact durable de l'œuvre.
L'histoire de Corpse Party est jalonnée de remakes et d'expériences diverses. "Corpse Party: New Chapter", sorti en 2006 pour smartphones, était une refonte du jeu d'origine, proposant des améliorations graphiques et un nombre accru de personnages. Malheureusement, son manque de succès commercial et les limitations technologiques de l'époque l'ont rendu obscur. Ce jeu est aujourd'hui considéré comme un "lost media", une œuvre perdue dont il ne reste que des traces éparses. Cependant, son influence sur les jeux suivants fut indéniable, servant de base pour des expériences plus abouties comme "Corpse Party: Blood Covered". Chaque étape de cette saga a contribué à forger son identité.
"Corpse Party: Blood Covered", sorti en 2008, a marqué un retour en force pour la franchise. Cette version épisodique, basée sur "New Chapter", a finalement conclu l'histoire, reprenant le style graphique du jeu mobile avec une meilleure résolution. Bien que des jeux comme "Ao Oni" utilisaient déjà des images pour leurs dialogues, "Blood Covered" a conservé une direction artistique plus proche de l'original, tout en intégrant des dialogues illustrés pour renforcer l'impact. Ce jeu est également celui qui a vu naître le manga de la saga, une œuvre saluée pour sa fidélité à l'histoire et ses scènes marquantes, ajoutant une dimension visuelle supplémentaire à l'univers.
Repeated Fear et les suites : l’héritage de Corpse Party
Nous arrivons enfin à "Corpse Party: Blood Covered: Repeated Fear", souvent considéré comme l'opus le plus populaire de la saga. Sorti en 2010, il a propulsé "Corpse Party" au rang de légende de l'horreur. Bien que son succès ait été largement amplifié par le let's play de PewDiePie en 2014, le jeu méritait amplement cette reconnaissance. "Repeated Fear" est une version améliorée de "Blood Covered", offrant une scène d'ouverture ambitieuse, de nouveaux styles artistiques et une approche plus proche du manga pour les visuels. Cette nouvelle direction artistique a apporté un réalisme saisissant aux scènes de type "visual novel", accentuant l'aspect survival horror non pas par le gameplay, mais par la description viscérale du destin des protagonistes. Le jeu devient ainsi incroyablement gore et dérangeant.
"Repeated Fear" a également bénéficié d'un light novel en 2011, intitulé "Kizuna no Kyojitsu", et a vu sa popularité se traduire par diverses autres versions, notamment sur PSP, 3DS, et PC. La version 3DS, sortie en 2015 et portée sur PC en 2021, a proposé une bande son entièrement refaite, plus dramatique. La "Back to School Edition" de cette version 3DS est particulièrement prisée des fans, incluant un artbook, des figurines et le disque des bandes sonores. Ces éditions spéciales témoignent de l'engouement suscité par le jeu et de la volonté des développeurs de proposer des expériences toujours plus riches. L'aspect collection est important pour les fans.
Après le succès de "Repeated Fear", les suites de Corpse Party n'ont pas toujours rencontré le même succès. "Corpse Party: Book of Shadows" (2011) a divisé les fans, s'orientant vers un visual novel avec des éléments de point & click, s'éloignant du gameplay RPG. Il s'agissait d'une suite et d'un "filler", une œuvre secondaire dans la trame principale. Le jeu utilisait le même style visuel, mais racontait le tourment des protagonistes piégés dans une boucle temporelle. Bien qu'il ait ajouté certains éléments d'histoire intéressants et conservé une atmosphère terrifiante, il n'a pas su reproduire l'impact de ses prédécesseurs. Ce jeu est une expérimentation narrative.
"Corpse Party: Sweet Sachiko's Hysteric Birthday Bash" (2012), malgré son titre farfelu, est l'un des sequels les plus appréciés. Abandonnant également le gameplay RPG pour un visual novel pur, il conserve le style artistique de "Blood Covered – Repeated Fear" mais adopte une atmosphère plus humoristique, agissant comme un spin-off canonique. L'histoire tourne autour de l'anniversaire de Sachiko, où les protagonistes sont invités à une fête. Le jeu développe les relations entre les personnages, introduit du fanservice, et contient des éléments de lore cruciaux, nécessitant parfois la lecture de supports annexes comme le light novel "CEMETARY 0". Il s'adresse particulièrement aux fans assidus.
Le jeu le plus ambitieux des suites, "Corpse Party: Blood Drive" (2014), a tenté de faire avancer la narration en revenant à une dimension RPG en 3D. Cependant, ce choix a fortement divisé la communauté. Le jeu a ruiné l'aspect terrifiant de la série en introduisant des enjeux de fin du monde et des capacités magiques, transformant un jeu horrifique axé sur l'impuissance en un RPG générique. Les problèmes techniques, les temps de chargement interminables et une mécanique de lampe torche jugée frustrante ont contribué à son rejet. Ce jeu reste un exemple de ce qu'il ne faut pas faire en voulant moderniser une formule qui fonctionne.
"Corpse Party 2: Dead Patient" était censé conclure la saga Heavenly Host, mais son développement fut arrêté. Une version corrigée, "Corpse Party 2: Dead Patient Neuses", n'a jamais achevé son histoire, laissant le récit en suspens. Le jeu se déroulait dans un hôpital et se concentrait sur de nouveaux protagonistes, délaissant les anciens. Il fut finalement effacé du canon, seules quelques idées étant réutilisées pour "Corpse Party 2: Darkness Distortion". Ce dernier, annoncé via un ARG et prévu pour 2025, reprend l'idée de l'hôpital avec un nouveau moteur 3D plus détaillé. La communauté reste sceptique quant à son succès, espérant que ce jeu saura redonner un souffle à une saga désormais largement oubliée.
| Nom du jeu | Date de sortie initiale | Plateforme(s) | Genre | Principale innovation |
|---|---|---|---|---|
| Corpse Party (PC-9801) | 1992 | NEC PC-9801 | RPG Horreur | Pionnier du genre RPG horreur, narration immersive |
| Corpse Party: Blood Covered – Repeated Fear | 2010 | PSP, PC, 3DS, Switch | RPG Horreur | Refonte majeure, direction artistique manga, popularisation mondiale |
| Corpse Party: Book of Shadows | 2011 | PSP, PC | Visual Novel, Point & Click | Changement de gameplay, exploration narrative |
| Corpse Party: Blood Drive | 2014 | PS Vita | RPG 3D Horreur | Passage à la 3D, nouvelle orientation scénaristique |
| Corpse Party II: Darkness Distortion | 2025 (Prévu) | PC | RPG 3D Horreur | Nouveau moteur 3D, retour à l'horreur japonaise |
- La puissance de l'ambiance : L'un des points forts de Corpse Party réside dans sa capacité à créer une atmosphère oppressante. Le son, les graphismes et le scénario s'unissent pour vous plonger dans un sentiment constant de malaise et de peur. Le moindre bruit suspect, la moindre ombre peut dissimuler un danger mortel.
- Des personnages attachants : Malgré la cruauté de leur situation, les personnages de Corpse Party sont souvent développés avec soin. Leurs relations, leurs peurs et leurs espoirs les rendent humains et attachants, rendant leur sort d'autant plus poignant. On s'attache à eux, et leur détresse devient la nôtre.
- Le pouvoir du surnaturel : L'histoire de Corpse Party est profondément ancrée dans le surnaturel, explorant des légendes urbaines et des malédictions. Ce mélange de folklore et d'horreur crée un univers unique où le danger peut surgir de n'importe où, brouillant les lignes entre réalité et cauchemar.
- Des énigmes bien intégrées : Pour progresser, il faut souvent résoudre des énigmes. Celles-ci sont généralement bien intégrées à l'environnement et au scénario, demandant une observation attentive et une réflexion logique. Elles ajoutent une couche de défi au jeu.
- L'importance de l'amitié : Paradoxalement, au cœur de cette horreur, le thème de l'amitié revient souvent. Les liens qui unissent les personnages, leur volonté de se protéger mutuellement malgré le danger, sont des éléments centraux du récit. C'est un moteur essentiel pour la survie.
Corpse Party est plus qu'un simple jeu d'horreur ; c'est une expérience qui explore la peur, la survie et la fragilité des liens humains face à l'inimaginable. Chaque version, chaque adaptation a contribué à façonner son héritage, prouvant que même avec des moyens modestes, une vision claire peut donner naissance à des œuvres marquantes.
Les notes de Corpse Party : un regard sur les performances
Pour évaluer un jeu comme Corpse Party, il faut regarder plusieurs aspects qui contribuent à l'expérience globale. La première impression est souvent celle du graphisme. Dans le cas de Corpse Party, la direction artistique a toujours été un élément clé, même lorsque les graphismes étaient en 2D pixellisée. Le style rétro, lorsqu'il est bien utilisé, peut amplifier l'horreur en laissant l'imagination faire le gros du travail. Pour la version 3DS testée, le graphisme a été légèrement amélioré par rapport à la version PSP, proposant des "sprites" un peu plus définis, mais sans atteindre la qualité des opus plus récents comme celui sur Vita. Les images tirées de versions animées du jeu apportent une touche supplémentaire pour mieux visualiser les personnages. L'immersion est accentuée par cette attention portée au visuel, même s'il n'est pas le plus moderne du marché.
La durée de vie de Corpse Party est un autre point à considérer. Les jeux de ce type, axés sur la narration et l'exploration, offrent généralement une expérience qui peut varier en fonction du joueur. Terminer l'histoire principale prend généralement une douzaine d'heures, mais le déblocage de chapitres supplémentaires ou la recherche des différentes fins peut considérablement étirer cette durée. L'exploration de chaque recoin de l'école maudite, la recherche d'indices et la tentative d'éviter les nombreuses mauvaises fins transforment le jeu en une quête qui peut facilement doubler, voire tripler le temps de jeu pour les joueurs les plus méticuleux. La rejouabilité est donc présente, surtout si l'on cherche à obtenir toutes les conclusions possibles.
Le plaisir de jeu, ou la jouabilité, est le cœur de toute expérience vidéoludique. Corpse Party excelle dans sa capacité à installer une tension constante. Le joueur se sent vulnérable, sans réels moyens de défense face aux menaces. La fuite, la réaction rapide et un sixième sens pour anticiper le danger sont les seules armes. La perspective isométrique, typique des jeux d'exploration et de survie, rend le déplacement dans les environnements délabrés de l'école particulièrement angoissant. Chaque porte ouverte peut révéler une horreur, et les décisions prises ont des conséquences directes, menant parfois à des fins négatives qui marquent durablement le joueur. Cette gestion de la peur et de l'impuissance est ce qui rend le jeu si prenant. La sensation de vulnérabilité est un pilier du plaisir de jeu.
La bande son et les effets sonores jouent un rôle absolument fondamental dans l'immersion de Corpse Party. Le jeu exige qu'on s'y plonge à 100%, branchent des écouteurs pour profiter pleinement des nombreux effets sonores répugnants. Ces éléments, souvent discrets mais extrêmement efficaces, viennent renforcer l'atmosphère glauque et dérangeante de l'école. La musique, quant à elle, est très entraînante et colle parfaitement à l'ambiance, tantôt angoissante, tantôt dramatique. Même si les voix ne sont pas traduites, les acteurs japonais parviennent à transmettre la détresse de leurs personnages avec une authenticité frappante, ajoutant une couche émotionnelle supplémentaire à l'expérience. C'est un travail sonore exceptionnel.
Enfin, le scénario est sans aucun doute le point fort majeur de Corpse Party. L'histoire, bien que sombre et souvent graphique, est extrêmement bien construite. Elle nous plonge dans les tragédies qui se sont déroulées à Heavenly Host Elementary School, nous obligeant à naviguer dans une école barricadée et pleine de pièges. La narration est captivante, et l'on s'attache rapidement aux différents groupes d'étudiants, découvrant leurs perspectives divergentes sur l'horreur qu'ils vivent. La présence d'indices disséminés dans les environnements permet de reconstituer les événements passés, renforçant ainsi le sentiment d'enquête et de découverte. Le scénario de Corpse Party est un chef-d'œuvre de l'horreur.
| Catégorie | Note sur 20 | Commentaires |
|---|---|---|
| Graphisme | 14/20 | Style pixel art bien maîtrisé, atmosphérique, mais vieillissant pour les standards actuels. |
| Durée de vie | 16/20 | Variable selon les fins et les secrets à débloquer, offrant une bonne rejouabilité. |
| Plaisir de jeu (Jouabilité) | 17/20 | Immersion constante, tension palpable, système de fuite efficace, décisions impactantes. |
| Bande son et effets sonores | 19/20 | Excellente ambiance sonore, musiques marquantes, voix japonaises immersives, effets répugnants. |
| Scénario | 19/20 | Captivant, sombre, bien construit, explorant les thèmes de la peur, de l'amitié et du surnaturel. |
Au final, Corpse Party s'impose comme une série phare du RPG horreur. Malgré les quelques défauts de ses suites, l'impact de l'œuvre originale et de ses premières adaptations reste indéniable. Il a prouvé qu'avec une histoire solide et une atmosphère travaillée, on peut créer une expérience d'horreur inoubliable. Le retour aux graphismes pixélisés, loin d'être un handicap, est devenu sa force. Le prochain opus a la lourde tâche de redonner un second souffle à une saga qui mérite d'être redécouverte.
Note Globale : 17/20
